Bilan batterie de voiture électrique

Coût environnemental de la production des batteries au lithium-ion

L’agence suédoise pour la recherche et l’environnement (IVL) s’est documentée sur une quarantaine de recherches à l’échelle internationale pour dresser un bilan de la très controversée production des batteries au lithium-ion. Outre le détail des choses, l’agence propose plusieurs axes d’amélioration.

Une controverse

Cet aspect de la production ou plutôt de son coût des batteries est l’un des centres de discorde entre « pro » et « anti » voitures électriques. S’il est clair que la voiture électrique possède des avantages plus que certains lors de la phase d’utilisation (émissions de CO2, émissions de particules et de polluants atmosphériques et bruit), il convient de prendre l’entièreté de l’empreinte écologique, y compris la phase de recyclage.

150 à 200 kg de CO2 par kWh

Selon les compilations des auteurs, chaque kWh de batteries produit engendrerait l’équivalent de 150 à 200 kilos de CO2 dans l’atmosphère, un chiffre qui se base sur le mix énergétique (production) mondial toujours majoritairement détenu par les combustibles fossiles (de 50 à 70% de l’électricité produite).

Entre 5 et 17 tonnes pour une batterie

Selon cette estimation, la production d’une batterie de 30 kWh tournerait alors autour des 5 tonnes alors que celle d’une Tesla 100 kWh dépasserait les 17 tonnes. Voilà qui nous place loin des chiffres communiqués par l’ADEME en 2013 qui donnait 9 tonnes de CO2 pour un véhicule électrique et 22 tonnes pour un thermique mais avec la justesse de baser son calcul sur le cycle de vie complet de la voiture (production, utilisation, recyclage), projection qui compense forcément les émissions issues de cette phase de production lors de l’utilisation, voire de recyclage car les batteries peuvent être réutilisées. C’est pour cette raison qu’un VE doit être utilisé intensément, sans oublier que trop d’autonomie cela ne sert à rien ! 

Dépend du type de la source d’énergie

L’étude indique que, ramenée à la réalité de chaque pays, les volumes d’émission de CO2 peuvent être très différents. Car l’origine de la production énergétique peut-être responsable jusqu’à de 70% de ces émissions. Exemple : si on prend en compte la manière de produire l’électricité en Suède et partant de l’estimation qu’il faut 162 kWh d’électricité pour produire 1 kWh de batterie, l’impact carbone pourrait être inférieur de plus de 60% grâce à 58% de production énergétique renouvelable pour 42% de parts au nucléaire. Norvège exemple à suivre…et même une chance citoyenne Française.

Les progrès de l’industrie

Les auteurs sont en outre convaincus que l’impact carbone serait encore plus limité grâce aux progrès que pourront accomplir les industriels comme par exemple en plaçant des panneaux solaires sur les toits des usines comme c’est le cas chez Tesla. « Pour un avenir durable, il est important que la production de batteries de voitures électriques soit aussi économe en énergie que possible et produite avec des EnR indique l’étude. Celle-ci invite d’ailleurs les autorités à obliger les constructeurs à publier des chiffres sur les émissions « globales » de leurs modèles pour mieux informer le consommateur. Idéalement serait l’information du TRE: taux de retour énergétique qui est en perpétuel évolution.

L’impact du consommateur

L’étude d’IVL indique enfin que le consommateur a aussi sa part de responsabilité et qu’il pourrait aussi réduire l’impact CO2 de la production des batteries en mesurant mieux ses besoins. En effet, la peur de la panne électrique tire la production de grosses batteries vers le haut alors que ce n’est pas forcément nécessaire. Le vrai changement c’est changer de comportement.

Si vous désirez prendre connaissance de l’étude complète de l’IVL.

Il vaudrait donc mieux

  1. Règlementer l’offre et l’utilisation afin de produire au plus juste ces batteries.
  2. Réutiliser les batteries si possible standardisées dans des VE pour de courts trajets .

Penser l’évolution d’une manière globale, sachant le VE va développer de nouveaux moyens de stockage d’énergie à domicile ou comme zone de stockage tampon de l’électricité lorsque celle-ci est la plus disponible ou excédentaire au cours de la journée. On pourrait ainsi utiliser une batterie pendant des décennies sachant qu’entretemps, les progrès en matière de recyclage (déjà à 98%) vont évoluer.

L’avenir doit être pensé maintenant, mais dans une nécessaire globalité, ce que nos dirigeants ne semblent pas du tout comprendre, bien malheureusement puisqu’ils donnent le  feu vert pour les pétrolettes jusqu’en 2040 alors que nous savons pertinemment que d’ici 2025 la voiture thermique sera obsolète.

Alors votre choix de mobilité ? 100 % de pétrole ou 1% de lithium

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