De la taxe forfaitaire à la responsabilité : pourquoi Yenne devrait regarder du côté de Guebwiller ⚖️

Et si le meilleur moyen de réduire nos déchets n’était pas de multiplier les colonnes… mais de donner enfin une valeur économique à chaque kilo de déchets résiduels ?

À Yenne, le financement du service repose actuellement sur la TEOM. La contribution n’est donc pas directement calculée en fonction de la quantité de déchets résiduels produite par chaque foyer.

Or un foyer d’une personne et une famille de cinq personnes n’ont évidemment pas la même production de déchets.

⚖️ Une question d’équité se pose donc :

Pourquoi celui qui produit moins de déchets devrait-il payer selon une logique essentiellement indépendante de sa production réelle ?

C’est précisément sur ce point que l’expérience de la Communauté de communes de la Région de Guebwiller (CCRG) mérite d’être étudiée.


🟢 Guebwiller : faire évoluer la facture avec l’utilisation du service

La CCRG fonctionne avec une Redevance Incitative des Ordures Ménagères (RIOM).

Le principe est différent d’une taxe forfaitaire classique :

une part fixe + une part variable.

La part fixe finance notamment les collectes et traitements du verre, des emballages et des biodéchets, ainsi que 15 passages annuels en déchèterie.

La part variable dépend notamment du volume du bac d’ordures ménagères résiduelles et du nombre de levées au-delà du forfait prévu.

C’est là que se trouve le changement de logique :

le citoyen n’est plus seulement contribuable du service ; il devient également acteur de son coût.

Et cela change potentiellement son comportement.


🗑️ Le véritable objectif : réduire le déchet résiduel

Il ne faut pas se tromper de cible.

Le problème n’est pas le déchet qui est correctement trié et valorisé.

🟢 Emballages → recyclage

🍾 Verre → recyclage

🟤 Biodéchets → valorisation organique

⚫ Déchets résiduels → traitement

C’est donc principalement le dernier flux, celui qui reste après le tri, que nous devons chercher à réduire.

Et pour le réduire, il faut pouvoir mesurer son utilisation.

Moins je produis de déchets résiduels → moins j’utilise le service → moins je dois payer.

C’est beaucoup plus responsabilisant qu’une simple injonction :

« Triez mieux ! »


🟤 Le levier essentiel : sortir les biodéchets de la poubelle finale

Une grande partie du contenu d’une poubelle résiduelle est constituée de matière organique.

Pourquoi continuer à envoyer cette matière avec les déchets finaux ?

La CCRG montre qu’une collecte séparée des biodéchets peut être organisée à l’échelle intercommunale : en 2026, elle assure notamment une collecte hebdomadaire des biodéchets dans ses communes.

Ces biodéchets sont ensuite orientés vers une plateforme de compostage.

Yenne pourrait aller plus loin.

Pourquoi ne pas étudier une collecte gratuite ou incluse dans le service des biodéchets, afin d’encourager massivement leur séparation ?

Le citoyen aurait alors un intérêt très concret :

🟤 je sépare mes biodéchets

⚫ je réduis le poids de mon déchet résiduel

⚖️ je réduis ma contribution variable.


⚡ Et si nos biodéchets devenaient une ressource locale ?

Yenne possède un environnement agricole particulièrement intéressant.

La Coopérative laitière de la Dent du Chat pourrait être associée à une étude de faisabilité concernant une filière locale de valorisation organique. selon article cei dessous

Yenne et Grand Lac : Quand le BioGNV remplace « l’hydrogène ce pétrole en smoking »

La transition des transports routiers et de la gestion des déchets secoue nos territoires

Le schéma pourrait devenir :

🏠 ménages

🟤 biodéchets séparés

🚛 collecte optimisée

méthanisation éventuelle

🌱 énergie + valorisation agricole

Une véritable boucle locale de matière et d’énergie.


🚛 Et cela remet en question la multiplication des PAV

Yenne compte désormais, selon notre relevé 2026, 55 colonnes jaunes et vertes de 4 m³ réparties sur 18 PAV, pour une population communale de 3 026 habitants et 1 425 ménages en 2023.

Cela représente :

1 colonne jaune ou verte pour environ 55 habitants.

Faut-il rapprocher toujours plus le tri du citoyen ?

Nous proposons plutôt d’étudier une organisation différente :

🟡🟢 quelques plateformes stratégiques

Stade – Cimetière – Supermarché – Rond-point Landrecin – Coopérative – Déchèterie

avec des capacités adaptées.

🟤 collecte des biodéchets

au plus près des habitants.

⚫ collecte des déchets résiduels

avec pesée embarquée.

Les Molok existants qui répondent à un réel besoin peuvent naturellement être conservés.


⚖️ Une personne seule ≠ une famille nombreuse

Prenons deux situations volontairement simplifiées.

👤 Foyer A

1 personne

produisant peu de déchets résiduels.

👨‍👩‍👧‍👦 Foyer B

5 personnes

produisant naturellement davantage.

Le principe d’une tarification incitative permet de mieux relier le coût du service à son utilisation.

Et surtout :

la famille nombreuse n’est pas condamnée à payer davantage si elle réduit ses déchets.

Elle peut agir sur sa facture en :

♻️ triant les emballages ;

🍾 séparant le verre ;

🟤 séparant les biodéchets ;

🛒 évitant le suremballage ;

⚫ réduisant finalement son déchet résiduel.


🧠 Ne pas infantiliser : mesurer et inciter

Le débat sur les PAV ne doit donc pas devenir un débat :

« Les citoyens sont-ils suffisamment responsables ? »

La vraie question est :

« Comment construire un système qui récompense automatiquement les bons comportements ? »

Nous n’avons pas besoin de supposer que tout le monde triera parfaitement.

⚖️ Mesurons.

Nous n’avons pas besoin de multiplier les équipements pour compenser les comportements.

💶 Incitons.

Nous n’avons pas besoin de considérer les biodéchets comme des déchets ultimes.

🟤 Valorisons-les.


🎯 Une proposition pour Yenne

Plutôt que d’investir toujours davantage dans la multiplication des PAV, pourquoi ne pas étudier une expérimentation intercommunale ?

1️⃣ Pesée des déchets résiduels

Une collecte adaptée avec pesée embarquée.

2️⃣ Tarification incitative

Une part fixe pour financer le service + une part variable liée au déchet résiduel réellement produit.

3️⃣ Biodéchets

Une collecte dédiée, simple et attractive, pour sortir le maximum de matière organique du flux résiduel.

4️⃣ Valorisation locale

Étude d’une éventuelle filière de méthanisation avec les acteurs agricoles du territoire.

5️⃣ PAV rationalisés

Des plateformes moins nombreuses mais suffisamment dimensionnées, accessibles et sécurisées.

6️⃣ Déchèterie

La déchèterie de Yenne reste évidemment un élément indispensable du dispositif.


🌱 Et si nous changions simplement de logique ?

Aujourd’hui, la logique peut être résumée ainsi :

« Plus de points de collecte pour faciliter le geste. »

Nous proposons une autre approche :

« Un meilleur système pour réduire le déchet, responsabiliser l’usager et réduire les coûts. »

La CCRG démontre qu’une collectivité peut associer redevance incitative, collecte séparée des biodéchets, tri et déchèteries dans un même système.

Yenne pourrait s’en inspirer sans nécessairement copier son modèle.


🔥 Notre proposition

Je trie → je réduis mon déchet résiduel → je réduis ma facture.

Je sépare mes biodéchets → ils deviennent une ressource.

Je dépose mes emballages sur une plateforme stratégique → moins de dispersion des PAV.

La collectivité mesure les flux → elle adapte les tournées → elle réduit les coûts.

C’est cela, pour nous, la véritable économie circulaire. Pas simplement 18 PAV et davantage de conteneurs.

Mais :

moins de déchets finaux, moins de kilomètres inutiles, moins de coûts et davantage de valorisation.


⚡ La question que nous posons à la Communauté de communes de Yenne

Pourquoi ne pas lancer une étude comparative entre le système actuel et une expérimentation basée sur la pesée des déchets résiduels, la collecte des biodéchets et la rationalisation des PAV ?

Les chiffres permettraient enfin de comparer objectivement :

coût actuel
🆚
coût d’un système incitatif

nombre de PAV
🆚
plateformes rationalisées

tonnage de déchets résiduels
🆚
tonnage après séparation des biodéchets

kilomètres de collecte
🆚
kilomètres optimisés

Et surtout :

⚖️ combien paie réellement chaque foyer pour chaque kilo de déchets qu’il produit ?

C’est probablement là que commence une politique des déchets réellement responsable, équitable et écologique.


Nous sommes convaincu que la gestion des déchets à Yenne et la micro-collecte électrique avec pesée embarquée doit remplacer le fiasco des bacs de rue

La transition écologique de nos territoires ne se fera pas à coups de verrues en plastique ou métal posées au coin des rues au mépris du patrimoine.

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