Faut-il rapprocher toujours plus le tri du citoyen ?🧠♻️

De la facilité permanente à la responsabilisation : où placer le curseur ?

À Yenne, le débat sur les points d’apport volontaire soulève une question qui dépasse largement notre commune :

Un service public est-il nécessairement meilleur lorsqu’il est toujours plus proche de l’usager ?

La question se pose !

De la facilité permanente à la responsabilisation : où placer le curseur ?

À Yenne, le débat sur les points d’apport volontaire soulève une question qui dépasse largement notre commune :

Un service public est-il nécessairement meilleur lorsqu’il est toujours plus proche de l’usager ?

La réponse nous semble évidente !

Car chaque colonne installée dans l’espace public doit ensuite être collectée, levée, entretenue et desservie par un véhicule spécialisé.

Et plus les points sont dispersés, plus la collecte doit multiplier les arrêts.


📊 Yenne : un maillage qui interpelle

Notre relevé 2026 recense désormais : 3 026 habitants ➡️ 18 PAV ➡️ 55 colonnes jaunes et vertes de 4 m³

Soit : 🟡🟢 1 colonne pour seulement 55 habitants ou 18,2 colonnes pour 1 000 habitants.

Ce ratio paraît particulièrement élevé.

À titre de comparaison, dans le Pays d’Aix, les données officielles 2021 donnent par exemple, pour les colonnes à verre :

CommuneHabitantsColonnes verreHabitants/colonne
Yenne*3 02627112
Châteauneuf-le-Rouge2 30712192
Peynier3 51313270
Gréasque4 25315284
Rognes4 70618261
Meyrargues3 84023167
Mimet4 34816272
Coudoux3 71013285

* Pour Yenne, il s’agit de notre relevé 2026 ; les autres données sont celles du rapport officiel 2021 du territoire du Pays d’Aix. (Pappers Politique)

Un constat saute aux yeux :

27 colonnes de verre pour 3 026 habitants à Yenne représentent un maillage beaucoup plus dense que celui de la plupart de ces communes comparables.

Il ne s’agit pas d’en déduire que Yenne doit avoir exactement le même nombre de colonnes.

Mais une question devient parfaitement légitime :

Quel tonnage et quel taux de remplissage justifient un tel niveau d’équipement ?


🚛 Chaque facilité supplémentaire a un coût

Une colonne vide ne coûte pas seulement son prix d’achat.

Elle peut générer :

🚛 des kilomètres supplémentaires ;

🦾 des opérations de levage ;

⏱️ du temps de collecte ;

👷 du temps de personnel ;

🛞 de l’usure ;

🔧 de la maintenance ;

⛽ de l’énergie ;

🔊 du bruit ;

Pour preuve !

⚠️ et davantage de circulation de véhicules spécialisés dans les quartiers.

L’objectif écologique ne peut donc pas être simplement :

« Mettre le tri partout. »

Il doit être :

« Organiser le tri avec le minimum de déplacements nécessaires. »


🏘️ Et les riverains ?

Une colonne n’est pas neutre lorsqu’elle est installée devant une habitation.

Elle occupe durablement l’espace.

Elle modifie le paysage.

Elle va générer bruit et manœuvres lors des collectes.

Et lorsque des déchets sont déposés à côté, le problème devient immédiatement visible : emballages emportés par le vent, sacs abandonnés, salissures et parfois attractivité pour certains nuisibles.

Il ne faut pas prétendre que chaque PAV provoque automatiquement rats, souris ou guêpes : cela dépend notamment des déchets concernés et de l’entretien.

Mais la multiplication des lieux où des déchets sont déposés augmente mécaniquement le nombre de sites susceptibles de connaître ces problèmes lorsqu’ils sont mal utilisés ou mal entretenus.


♿ L’argument de la proximité : oui… mais pour qui ?

L’argument le plus sérieux reste évidemment celui des personnes âgées, handicapées ou à mobilité réduite.

Mais doit-on installer un point supplémentaire partout pour répondre à cette seule contrainte ?

À Yenne, les Molok existants peuvent déjà assurer une proximité pour les déchets résiduels, tandis que le tri sec peut, pour une grande partie de la population, être stocké quelques jours à domicile puis déposé lors d’un déplacement déjà prévu :

🛒 courses ;

👨‍👩‍👧 visites familiales ;

🏥 rendez-vous ;

🏫 déplacements quotidiens ;

♻️ passage à la déchèterie.

Pour les personnes réellement isolées, des solutions spécifiques peuvent être imaginées.

La solidarité ne doit pas nécessairement se traduire par une colonne supplémentaire dans chaque quartier.


🧠 Et si nous faisions confiance au citoyen ?

C’est peut-être là que se trouve le véritable débat.

À force de rapprocher toujours davantage les équipements, nous finissons par considérer implicitement que le citoyen doit pouvoir déposer immédiatement son déchet à quelques dizaines de mètres de chez lui.

Mais pourquoi ne pas lui demander un petit effort raisonnable, lorsqu’il est parfaitement capable de le faire ?

Je trie chez moi.

Je stocke quelques jours les emballages propres et secs.

Je les dépose lorsque je passe devant une plateforme.

Ce n’est pas une diminution du service public.

C’est une responsabilisation de l’usager.


🚗 Le principe : utiliser les déplacements qui existent déjà

Plutôt que : 18 PAV → nombreux arrêts de camion → collecte dispersée

pourquoi ne pas expérimenter : 6 plateformes stratégiques

📍 stade
📍 cimetière
📍 supermarché
📍 rond-point Landrecin
📍 coopérative laitière
📍 déchèterie

avec suffisamment de capacité, une implantation sécurisée et, lorsque c’est pertinent, une surveillance plus facile. Voir l’article détaillé YENNE 2026 : 18 PAV aujourd’hui… faut-il vraiment autant de points de collecte ?

Et si mieux trier signifiait aussi mieux organiser… et moins dépenser ?

Les Molok réellement nécessaires restent en place.

Le citoyen se déplace déjà.

Le camion, lui, n’a pas besoin de parcourir le village pour chaque petite ou grande colonne.


💶 La vraie question à poser à la collectivité

Nous ne demandons pas :

« Supprimons les PAV parce qu’ils sont très moches. »

Nous demandons :

« Pouvons-nous démontrer que 18 PAV et 55 colonnes sont économiquement et écologiquement plus efficaces que 6 plateformes correctement dimensionnées ? »

Il suffit de comparer :

kilomètres

  • heures de collecte
  • personnel
  • carburant/énergie
  • maintenance
  • levages
  • nettoyage
  • tonnages collectés
  • taux de remplissage
  • incivilités et dépôts autour des colonnes.

Les chiffres permettront de trancher.


🌱 Moins de colonnes ne signifie pas moins de tri !

C’est probablement le point essentiel.

♻️ Nous ne contestons absolument pas le tri.

Nous contestons l’idée selon laquelle :

plus de conteneurs = forcément meilleur service.

Un bon système doit rechercher le meilleur compromis entre :

accessibilité + efficacité + coût + environnement + sécurité + qualité du cadre de vie.


🏁 Faire confiance plutôt qu’infantiliser

Un citoyen responsable n’a pas besoin d’une colonne devant sa maison pour trier.

Il a besoin :

✔️ d’un réseau cohérent ;

✔️ de plateformes accessibles ;

✔️ d’une information claire ;

✔️ d’une solution pour les personnes vulnérables ;

✔️ et surtout de connaître le coût réel de la collecte.

Le tri est un geste citoyen.

La collecte est un service public.

Son optimisation est une responsabilité collective.

Et à Yenne, avec 55 colonnes pour 3 026 habitants, la question mérite désormais d’être posée sans tabou :

Avons-nous besoin de toujours plus de proximité… ou de mieux organiser celle qui existe déjà ?


Sources : population Insee ; données publiques de collectivités et rapports de service public de gestion des déchets utilisés pour la comparaison. Le rapport du territoire du Pays d’Aix fournit notamment les ratios détaillés de colonnes à verre par commune. (Pappers Politique)

HISTORIQUE ET STATISTIQUES DES DÉMARCHES INSTITUTIONNELLES

Dossier : PAV du Carrefour de la Graville

IMPORTANT : La publication de cette étude prospective à l’échelle communale N’ENLÈVE ABSOLUMENT RIEN À L’URGENCE ABSOLUE de retirer immédiatement les bacs de tri implantés au carrefour de la Graville pour des raisons évidentes de sécurité routière.

Les commentaires sont fermés.