Taxer le kilomètre électrique : L’erreur historique qui oublie d’où vient notre énergie

Par Thierry Acti-VE — citoyen pour la promotion de la mobilité décarbonée

Alors que le Royaume-Uni vient d’acter l’introduction d’une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques à l’horizon 2028, le débat commence inévitablement à poindre dans toute l’Europe, et notamment en France. Face à la diminution programmée des recettes de la TICPE (la taxe sur les carburants), l’État cherche désespérément à boucher un trou budgétaire que les économistes estiment à près de 10 milliards d’euros par an pour le seul parc de voitures particulières. Pour aller plus loin sur ce sujet complexe, vous pouvez consulter notre analyse complète sur 🌐 la fiscalité et l’avenir des taxes sur les véhicules électriques.

Mais en focalisant l’analyse uniquement sur la perte brute de recettes douanières et d’accises, les technocrates et les opposants à la transition oublient l’essentiel : le gain colossal de la souveraineté énergétique et l’origine de l’énergie.

L’électricité : Une énergie souveraine, produite et consommée localement

La différence fondamentale entre la « pétrolette » thermique et le véhicule électrique réside dans le trajet de son carburant. Chaque goutte d’essence ou de gazole brûlée en Europe enrichit des pays tiers producteurs de pétrole, creusant notre déficit commercial et nous soumettant à des tensions géopolitiques constantes.

Contrairement au pétrole importé, l’électricité est produite localement, directement dans le pays où elle est consommée. C’est l’essence même de l’indépendance énergétique.

Que cette électricité provienne de nos centrales nationales ou, mieux encore, de notre propre toit, découvrez comment maximiser votre indépendance grâce à une ☀️ installation photovoltaïque en autoconsommation solaire. L’argent dépensé pour alimenter nos véhicules électriques reste et circule au sein de notre économie locale. Cette production domestique soutient nos entreprises, génère des emplois locaux non délocalisables et élimine la dépendance aux importations énergétiques fossiles.

Analyse chiffrée : Comparatif des taxes d’usage sur 15 000 km

Comparons objectivement la taxation d’un conducteur parcourant 15 000 km par an sous le régime thermique classique (consommation moyenne de 6 L/100 km) et sous le futur modèle britannique de taxe au kilomètre (2,2 centimes d’euro par kilomètre) :

Paramètre de comparaisonVéhicule Thermique (France – TICPE + TVA)Véhicule Électrique (Taxe UK 2028 – 2,2 cts/km ou F à venir)
Base de taxation d’usage900 litres de carburant consommés15 000 km parcourus
Taux de taxe moyen~0,72 € par litre (TICPE + TVA sur taxe)2,2 centimes d’euro par kilomètre
Prélèvement fiscal annuel648 €330 €
Destination des flux financiersFuite vers les pays producteurs de brutMaintien de la valeur dans l’économie nationale

Même en imposant une taxe kilométrique équivalente à celle de nos voisins d’outre-Manche, l’usager de VE paierait encore deux fois moins de taxes d’usage. Pourtant, les économistes et décideurs s’inquiètent. Comment compenser cette « perte » ? C’est ici que l’honnêteté intellectuelle doit primer.

La fausse bonne idée de la taxation à domicile

Sachant que la grande majorité des utilisateurs font le plein d’énergie chez eux, retrouvez nos conseils pratiques dans notre guide dédié à 🔌 la recharge à domicile où s’effectuent plus de 90 % des sessions de charge.

Certains technocrates imaginent déjà pister l’usage domestique grâce aux compteurs intelligents pour surtaxer l’électron dédié à la voiture. Cette approche est une impasse technique et démocratique. Vouloir fliquer la consommation électrique des ménages, c’est inciter au contournement (via des prises classiques non communicantes) et violer le respect de la vie privée.

Si taxation il doit y avoir à l’avenir pour financer l’entretien de nos routes, elle ne doit pas punir l’électron propre et souverain. Elle doit être simple, transparente et politique : une redevance annuelle basée uniquement sur le poids du véhicule, afin d’encourager la sobriété et de pénaliser les excès (comme les gros SUV), sans jamais freiner l’essor d’une énergie locale.

Conclusion : Ne coupons pas l’élan de l’indépendance

Vouloir taxer prématurément le kilomètre électrique au même niveau que le pétrole est un non-sens économique. C’est pénaliser une transition vertueuse qui réinjecte chaque euro dépensé dans nos territoires plutôt que dans les puits de forage étrangers. Chez Acti-VE, nous continuerons de défendre une vision sincère, rationnelle et locale de la transition énergétique.

Énergie : Arrêtons de râler, pensons à réaliser les bonnes idées !

Le premier choc pétrolier de 1974 a gravé une phrase dans l’ADN de la France : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées ».

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