Dix ans de combat, des milliers de lignes de code législatif décortiquées, et un engagement sans faille depuis 2018 pour faire sauter le verrou du véto des constructeurs automobiles en France. Aujourd’hui, l’Agence de la transition écologique (ADEME) publie les conclusions tant attendues de sa grande étude officielle sur le rétrofit électrique. Le verdict est sans appel : la science valide point par point la vision que nous défendons sur Acti-VE depuis l’origine.

L’étude de l’ADEME confirme qu’upcycler un véhicule existant est le choix le plus vertueux pour la planète. Mais elle met aussi en lumière le point de blocage historique que nous ne cessons de dénoncer : l’asphyxie économique de la filière par une administration technocratique.
La preuve historique de notre engagement : La question écrite à l’Assemblée Nationale de 2018
Pour rappel, Acti-VE est l’initiateur direct de la démarche administrative ayant conduit à la levée de la protection légale des constructeurs[cite: 1]. Cette victoire historique est gravée dans les archives de la République. Le 11 décembre 2018, grâce à notre travail de sensibilisation et de lobbying citoyen sur le terrain en Savoie, la députée Mme Typhanie Degois portait officiellement notre combat au cœur de l’Hémicycle via la Question Écrite N° 14958 (Source)
ASSEMBLÉE NATIONALE | 15ème législature | Question N° : 14958 de Mme Typhanie Degois (La République en Marche – Savoie)
« […] La législation actuelle soumet la délivrance d’une carte grise à l’approbation du constructeur d’origine qui en détient le brevet, en cas de conversion d’un moteur thermique en moteur électrique. Les constructeurs ne sont cependant pas enclins à délivrer une telle autorisation […]. Face à un tel constat, il pourrait être envisagé d’adapter la législation pour passer outre cette autorisation et rendre la délivrance d’un certificat d’immatriculation possible […]. »
Ce texte fondateur a forcé le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire à bouger, brisant un monopole industriel vieux de plusieurs décennies et ouvrant la voie à l’arrêté d’avril 2020. Huit ans plus tard, l’ADEME vient confirmer la justesse de cette intuition citoyenne.
Un bilan environnemental indiscutable : Jusqu’à -66% de CO2
Pour la toute première fois, une instance étatique chiffre précisément le gain de la conversion électrique par rapport à l’achat d’un véhicule neuf. Les résultats confirment que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. En conservant le châssis et la carrosserie, on évite l’extraction de nouvelles matières premières et le gouffre de l’énergie grise liée à la production d’une voiture neuve d’usine.
Selon le rapport officiel, le rétrofit permet d’économiser entre 56 % et 66 % d’émissions de CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie par rapport au maintien d’un véhicule thermique ou au remplacement par de l’électrique lourd sorti d’usine. C’est la consécration absolue du modèle d’économie circulaire appliqué à l’automobile.
Le paradoxe français : Quand le cahier des charges tue la loi

Si notre action en 2018 a libéré juridiquement le marché, l’administration a immédiatement reconstruit une barrière invisible : l’homologation par « famille de véhicules ».
L’ADEME pointe du doigt précisément ce que nous dénonçons dans nos colonnes : le coût exorbitant et la complexité des cahiers des charges. Pour valider un seul prototype de kit auprès de l’UTAC (tests de compatibilité électromagnétique, freinage, répartition des masses à 10 %), un installateur doit débourser entre 50 000 € et 100 000 € de ticket d’entrée. Ce modèle industriel, calqué sur celui des constructeurs de véhicules neufs, empêche l’amortissement des coûts sur les volumes plus faibles comme les youngtimers ou les modèles de collection.
Nos articles pour approfondir le sujet
Cette validation de l’ADEME s’inscrit dans la continuité directe des analyses techniques, environnementales et sociétales que nous publions régulièrement. Pour comprendre l’ensemble des enjeux de la qualité de l’air, de l’économie circulaire et des technologies de transition, nous vous invitons à relire nos dossiers complets :
- 💀 Pour comprendre l’urgence de s’affranchir du pétrole face aux crises sanitaires urbaines : Mortalité liée aux énergies fossiles et notre analyse lors des pics de pollution urbains avec Pollution de l’air en France en plein pic.
- 💨 Sur les mensonges des anciennes homologations thermiques : Découvrez pourquoi un Diesel émet plus de CO2 que l’essence et le diesel ainsi que notre rapport sur un Moteur thermique de plus en plus polluant à mesure que ses systèmes de dépollution vieillissent.
- 🛑 Sur la réalité des particules fines hors échappement (usure et friction routière) : Analyse de l’avantage de la régénération dans Pas d’usure de plaquettes de frein ?, l’impact de l’abrasion des gommes dans Particules fines, et le positionnement du Véhicule électrique au cœur du problème de la qualité de l’air.
- 🔋 Sur le grand débat des ressources, du lithium et du recyclage : Faut-il choisir une Voiture électrique 100% pétrole ou 100% lithium ? Nous répondons aux questions de provenance dans Le lithium des batteries de nos voitures électriques provient-il de sources propres, tout en analysant la circularité avec Le recyclage des batteries de voitures électriques en question et le guide technique Comment recycle-t-on les batteries de voitures électriques.
- 📈 Sur l’avenir de la mobilité, l’énergie primaire et le décryptage des faits : Retrouvez La voiture électrique à l’épreuve des faits, l’explication technique démontrant que les Voitures électriques font plus avec moins d’énergie primaire, face aux limites physiques détaillées dans L’automobile et le fantasme du tout électrique pour tous.
Pour un droit à l’auto-construction encadrée
L’étude de l’ADEME met en exergue le fait que le coût initial de conversion reste aujourd’hui trop élevé pour les particuliers face au marché de l’occasion électrique, cantonnant le rétrofit rentable aux flottes de véhicules utilitaires ou lourds. C’est l’échec direct d’une réglementation qui a refusé d’écouter les pionniers.
Pourquoi un citoyen passionné et expert a-t-il le droit en France de restaurer un avion de collection, de fabriquer son propre bateau ou de bâtir sa maison de ses mains, mais se retrouve-t-il totalement interdit de convertir sa propre voiture à l’électricité ? En refusant la Réception à Titre Isolé (RTI) aux particuliers et en verrouillant le marché au profit exclusif de réseaux industriels agréés, l’administration a transformé une formidable idée populaire en un produit de niche inaccessible.
Acti-VE continue de plaider pour une simplification radicale de ces cahiers des charges et pour la reconnaissance d’un droit à l’auto-construction encadrée par des contrôles techniques de sécurité intermédiaires. C’est le sens même de nos projets de démonstrateurs pédagogiques comme Cabrio-e : prouver qu’une écologie circulaire, citoyenne et abordable est techniquement prête. Il ne manque plus qu’un sursaut de bon sens politique pour libérer l’intelligence collective.
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