C’est l’histoire d’un immense paradoxe français. D’un côté, l’ADEME vient (enfin !) de confirmer scientifiquement ce qu’Acti-VE clame depuis dix ans : le rétrofit est l’outil le plus vertueux pour la planète, permettant d’économiser jusqu’à 66 % de CO2 par rapport à la fabrication d’une voiture neuve d’usine. De l’autre côté, nous assistons à une parade d’auto-congratulation où le système distribue des médailles de l’Ordre National du Mérite à ceux qui ont participé à bâtir l’usine à gaz technocratique qui asphyxie la filière. 🙃
Pendant que les industriels agréés célèbrent leur « victoire économique » dans des salons parisiens, les citoyens, les passionnés et les petits garagistes restent exclus du droit fondamental d’upcycler leurs propres véhicules. Il est temps de lever le voile sur cette supercherie réglementaire.

🙃 Un modèle copié sur l’Italie pour verrouiller le marché 🙃
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut remonter aux origines. Le cadre réglementaire français (l’arrêté d’avril 2020) n’a pas été pensé pour libérer l’initiative populaire. Il a été copié mot pour mot sur le Decreto Riqualificazione Elettrica italien de 2015.
Ce système repose sur un concept dévastateur pour l’artisanat et le DIY : l’homologation par « Kit et Famille de véhicules ». Pour avoir le droit de convertir un modèle, un fabricant doit débourser entre 50 000 € et 100 000 € de tests d’homologation auprès de l’UTAC (compatibilité électromagnétique, tests de freinage, répartition des masses à 10 %). Ce modèle industriel, calqué sur les privilèges des grands constructeurs neufs, interdit de fait la conversion à l’unité. Il condamne le rétrofit à être un produit de luxe inaccessible ou un marché réservé aux flottes captives de camionnettes 🙃.
🙃 L’Europe à deux vitesses : Le bon sens chez nos voisins vs la technocratie française 🙃
On nous répète souvent que cette rigidité est dictée par la « sécurité » . C’est une contrevérité. Il suffit de regarder chez nos voisins européens pour constater qu’une autre voie, plus juste et plus efficace, est parfaitement possible :
- 🇬🇧 Royaume-Uni (L’IVA – Individual Vehicle Approval) : Le berceau du droit à la réparation. Un particulier ou un garagiste indépendant peut convertir lui-même un véhicule (DIY). La sécurité est validée par un contrôle individuel sur les organes vitaux (freinage, isolation haute tension) sans exiger la destruction de prototypes hors de prix. Le cadre réglementaire britannique repose sur le principe du « Right to Repair » (droit de réparer) et sur l’encouragement de l’initiative citoyenne. Pourquoi c’est le plus simple ? Auto-construction (DIY) 100 % autorisée : N’importe quel particulier ou artisan indépendant peut convertir un véhicule thermique en électrique dans son garage. Aucune obligation de passer par une entreprise certifiée ni d’acheter un « kit » industriel breveté. L’homologation unitaire (IVA – Individual Vehicle Approval) : Au lieu d’imposer des crash-tests détruisant des prototypes et des tests en laboratoire à 100 000 €, l’agence britannique (DVSA) effectue un contrôle de sécurité individuel sur le véhicule fini. Ce qui est vérifié : L’inspecteur contrôle les points de sécurité vitaux (isolation haute tension, répartition des masses, efficacité du freinage, ancrages de la batterie). Si le montage est propre et sûr, le véhicule est homologué. Coût et délai : La procédure coûte quelques centaines de livres seulement et la carte grise est mise à jour rapidement avec la mention électrique.
- 🇩🇪 Allemagne (L’Einzelabnahme du TÜV/DEKRA) : Si les composants électriques (moteur, batteries) bénéficient des certifications ECE requises, l’inspecteur valide le véhicule à l’unité. Pas besoin de rentabiliser un « kit » sur 500 exemplaires pour sortir une carte grise.
- 🇨🇭 Suisse & 🇷🇴 Roumanie : Des procédures d’inspection directe (via l’OFROU ou le RAR) centrées sur la sécurité réelle du montage individuel plutôt que sur le verrouillage d’un brevet commercial.
🙃 Rétrofit Citoyen : L’Appel à la Révolution Industrielle du Garage 🙃
Face à ce constat, Acti-VE refuse de participer au jeu des courbettes. Pourquoi un citoyen chevronné a-t-il le droit de restaurer un avion de collection, d’auto-construire sa maison ou de retaper un bateau, mais se retrouve-t-il criminalisé s’il veut remplacer le moteur thermique fumant de sa voiture par un moteur électrique propre dans son garage ? 🙃

Nous ne voulons pas d’une écologie réservée aux nantis ou aux consortiums subventionnés. Nous militons pour le retour de la Réception à Titre Isolé (RTI) simplifiée et pour la reconnaissance d’un droit à l’auto-construction encadrée par des contrôles techniques de sécurité intermédiaires.
Plutôt que d’assister aux remises de médailles de ceux qui ont fermé la porte aux citoyens 🙃, nous continuons de porter la voix du terrain et du bon sens :
👉 Découvrez et soutenez notre manifeste complet :
https://acti-ve.org/retrofit-citoyen-appel-a-la-revolution-industrielle-du-garage/mobilite-electrique/2026/03/
La transition énergétique se fera avec les citoyens et les artisans dans les territoires, ou elle ne sera qu’une illusion administrative de plus 🙃.
Le Rétrofit Citoyen : « Touche pas à ma prise ! » ou la liberté confisquée ?

Par Thierry Ziegler (Acti-VE) Pionnier de l’électromobilité depuis 2013 et agitateur de neurones législatifs.